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Mise en oeuvre
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Difficultés
posées par la mise en uvre
Si le principe ainsi défini est assez clair, les objectifs posés
par le développement durable semblent plus difficiles à
mettre en uvre. Parmi les questions qui se posent :
t plus difficiles à mettre en uvre. Parmi les questions
qui se posent :
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Comment définir les besoins des générations futures
?
Une croissance économique forte est-elle compatible avec les
besoins de la population actuelle et avec la population de demain ?
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Peut-on
se contenter de mieux gérer les ressources non renouvelables,
l'objectif de maintien de la valeur du capital naturel est-il possible
:
utilisation abusive de la voiture (trajet moyen : 3 km) et imminence
du pic pétrolier, multiplication du transport des marchandises
gaspillage de l'eau (notamment dans l'agriculture), sur-utilisation
d'eau potable pour des usages non alimentaires
gaspillage de l'électricité (éclairage, appareils
électriques en veille, air conditionné mal réglé
),
production de déchets (emballages) ou surproduction d'objets
de consommation à durée de vie courte,
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Les modèles de mesure de la croissance sont-ils adaptés
? Souvenons-nous qu'il y a 30 ans, le sentiment général
était que la planète ne serait plus viable en l'an 2000
: quelle mise à jour crédible et rigoureuse de l'argumentation
peut-on avancer ?
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Les pays du Sud sont-ils impliqués dans la réflexion ?
L'innovation technologique nécessaire ne risque-t-elle pas d'introduire
un fossé grandissant entre pays riches et pays pauvres sur le
plan de la connaissance ?
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Comment soutenir, sans « paternalisme » le développement
des pays « du sud », comment vont-ils s'organiser pour respecter
les « trois piliers » décrits plus haut?
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Pour la question du changement climatique, le protocole de Kyoto est-il
une manière efficace de résoudre le problème ?
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Quel impact ces enjeux auront-ils sur l'équilibre du monde ?
Quelle relation faire avec la mondialisation ? La croissance des grands
pays d'Asie est-elle soutenable ?
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Quels seront les impacts en termes de droit ? Quel rapport entre droit
positif et droit naturel ? En particulier quels seront les impacts de
la charte de l'environnement (en France), remontée au sommet
de la hiérarchie des normes depuis 2005, sur le droit public,
sur le droit privé et le droit des affaires ?
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Quelles
évolutions technologiques prévisibles peuvent avoir une
incidence sur la situation et les politiques à suivre ?
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Quel
niveau de perception les dirigeants ont-ils de l'ampleur et de la globalité
du phénomène ? La communication est-elle suivie d'action
?
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Sur
un plan éthique, la présentation du développement
durable est-elle cohérente vis-à-vis des employés
des entreprises et des parties prenantes ?
Les agences de notation financière permettent-elles de rendre
compte des progrès accomplis ? .... ....
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Quelle place les agences de notation sociétale prendront-elles
?
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Comment
partager les bonnes informations collectivement ?
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Comment mettre à jour notre fonctionnement économique
pour qu'il s'inscrive dans ce développement durable?
Mesure
Les instruments macroéconomiques classiques (PIB) s'avèrent
déficients pour mesurer le développement durable. La croissance
économique apparaît ainsi comme contradictoire par rapport
aux objectifs du développement durable.
Sur
le plan économique, il serait nécessaire de réintroduire
le facteur de production terre, sous la forme du capital naturel par
exemple.
Sur le plan environnemental, on parle d'empreinte écologique.
Sur le plan social, on parle d'indice de développement humain.
La mesure microéconomique du développement durable pour
les entreprises peut se faire par l'intermédiaire des critères
du Global Reporting Initiative. On trouve plus d'une centaine d'indicateurs,
environnementaux, sociaux, économiques, et de gouvernance. Ce
modèle s'intègre très difficilement aux modèles
de systèmes d'information classiques des entreprises.
Concept de meilleure technologie disponible (MTD)
L'une des réponses apportées du point de vue technologique
consiste à rechercher la meilleure technologie disponible (en
anglais best available technology, BAT) pour un besoin identifié,
ou des attentes exprimées par un marché, qui concile les
trois piliers du développement durable d'une façon transversale
(multidomaines).
La
recherche et le choix d'une telle technologie doit également
tenir compte d'autres aspects : sécurité et ressources
naturelles (énergie et matières premières), système
d'information (dans une optique d'économie de l'immatériel),
parties prenantes (marchés, questions juridiques, institutions).
L'optimisation
des MTD est évidemment un processus itératif.
Limites
et dérives du concept
Comme tous les concepts, le développement durable trouve aussi
ses limites. En effet, la société capitaliste, dans laquelle
nous sommes, a su redistribuer les dividendes de la production à
l'économie (sous la forme de ré-investissements) et au
social (hausse du revenu des salariés) pendant toute son existence.
La balance entre ces deux pôles s'est réalisée au
gré des diverses luttes sociales et des convictions politiques
des dirigeants. Mais comment prendre en compte l'environnement dans
cette balance alors que l'équilibre entre le social et l'économique
est déjà actuellement dans une impasse ?
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Maintenant,
le concept de développement durable peut aussi dériver
vers une vision malthusienne de notre société. Pourquoi
les pays riches, maintenant développés, imposeraient-ils
aux pays en développement une vision limitative de leur développement
? Le concept est bon, ses objectifs louables, mais il sert peut-être
à justifier une politique protectionniste de certains pays craignant
une trop grande concurrence. En pratique, les pays développés
ne se privent pas de commercer avec la Chine, malgré les risques
de dérive de l'empreinte écologique de celle-ci.
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Un deuxième risque est celui d'une communication mal équilibrée.
Soit la communication ne serait pas suivie d'actions, dans le domaine
de l'innovation par exemple, et l'entreprise se fragiliserait par rapport
à ses concurrents plus innovants. Soit au contraire la communication
dévoilerait trop d'informations confidentielles. Dans les deux
cas, la cohérence de l'organisation et la compétitivité
de l'entreprise en pâtiraient dans le contexte de la révolution
internet.
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Un troisième risque est celui d'une dérive vers des modèles
de durabilité faible, c'est-à-dire admettant la substitution
du capital naturel par un capital de connaissances. Ce modèle
est souvent celui des organismes américains en particulier, surtout
au niveau fédéral ou de leurs ramifications mondiales.
Ce risque se traduit par la constitution de réseaux d'innovation
pilotés en dehors de l'Europe qui risqueraient de déstabiliser
les institutions européennes et les États de l'Union européenne
(recherche, universités, ...).
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Un
quatrième risque, plus pernicieux encore, est souligné
par le philosophe André Comte-Sponville. Celui-ci craint que
l'éthique d'entreprise criée haut et fort dans les colloques,
au nom de l'intérêt (en fait de l'entreprise) ne masque
en réalité le manque d'une morale plus large. En pratique,
la fluidité des flux d'informations et financiers de la mondialisation
aboutit à une multiplication des investissements étrangers
non contrôlés. Cela peut court-circuiter les actions coordonnées
européennes, dans le domaine politique et juridique en particulier,
du fait de biais culturels et de rigidités administratives des
États. Comte-Sponville en conclut à la nécessité
d'une morale dépassant le cadre de l'entreprise (les quatre ordres).
Une réorganisation du droit paraît en outre nécessaire.
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Un
cinquième risque vient de l'accaparement, par les puissances
qui maîtrisent les technologies de l'information, des procédures
de normalisation et de régulation internationaux. De ce fait,
les plus riches risquent d'imposer un modèle qui aboutit de fait
à une répartition encore plus injuste des savoirs, et
par conséquent des ressources naturelles. Les logiciels dits
open source et les sociétés ou organisations favorisant
leur mise en uvre (dont les SSLL), peuvent peut-être contribuer
à réduire ce risque.
Un sixième risque est que les critères d'évaluation
soient mal équilibrés et croisés entre l'environnement,
le social, et l'économique, ou bien la mise en uvre de
modèles globaux biaisés (retour à des utopies ou
certaines formes d'idéologies,
). Par exemple, le biais
environnemental peut masquer d'autres carences.
Un septième risque est que le label « développement
durable » soit récupéré pour appuyer de plus
en plus de politiques ou d'actes n'ayant aucun rapport avec la notion
même, ou s'y rattachant d'une façon très superficielle.
Par exemple, le « tourisme durable », application au tourisme
du concept de développement durable, a tendance à être
un tourisme d'élite qui, au nom du respect de l'environnement,
dresse une barrière sociale en augmentant le tarif des séjours
afin de « préserver l'environnement », oubliant le
volet social.
Un huitième risque est que les analystes financiers chargés
d'évaluer les rapports de développement durable des entreprises
ne disposent pas de la formation nécessaire sur les concepts
de développement durable, et qu'ils ne disposent pas des outils
d'analyse adaptés (structuration).
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Durabilité / soutenabilité
Certains préfèrent parler de développement soutenable
(le contraire de insoutenable, et ce que notre environnement peut supporter
à moyen et long terme). C'est une traduction plus littérale
du terme anglophone sustainable development. Les tenants du terme «
durable » insistent sur la notion de durabilité (cohérence
entre les besoins et les ressources globales de la Terre sur le long
terme) plutôt que sur l'idée d'une recherche de la limite
jusqu'à laquelle la Terre sera capable de nourrir l'humanité.
D'autres
récusent le concept même de développement économique
et préfèrent parler d'utilisation durable, voire, en s'inspirant
des travaux de Nicholas Georgescu-Roegen, de décroissance durable.
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Durabilité
forte / faible
Il existe deux conceptions sur la durabilité :
Durabilité
forte : on n'admet pas que le capital naturel soit amputé au
détriment des générations futures ; Les partisans
de cette conception sont plutôt les ONG, surtout environnementales,
les associations
Durabilité faible : on tolère une amputation du capital
naturel, à condition que cette amputation soit substituée
par un capital de connaissances, appelé capital immatériel
; les tenants de la durabilité faible se situeraient plutôt
parmi les chercheurs "réalistes", parmi les dirigeants
d'entreprises et dans les milieux économiques et financiers,
bien qu'il soit difficile de généraliser.
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« Agir local, penser global »
Cette formule, employée par René Dubos au sommet sur l'environnement
de 1972, est souvent employée dans les problématiques
de développement durable. Elle montre que la prise en compte
des enjeux environnementaux et sociaux nécessite de nouvelles
heuristiques, qui intègrent le caractère global du développement
durable. Elle fait penser à la philosophie de Pascal, plutôt
qu'à celle de Descartes, celle-ci étant davantage analytique.
En pratique, elle se traduit par des modèles systémiques
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