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Risques
des OGM
Dans l'exemple de la transplantation d'un gène de la noix du Brésil (améliorant la teneur en acides aminés soufrés dont la méthionine) dans le génome d'un soja destiné au fourrage, il s'est révélé que la protéine codée par le gène inséré était responsable de l'allergie à la noix du Brésil chez l'homme. Même si la consommation de fourrage nest pas une habitude de lalimentation humaine, cette PGM s'est arrêtée au stade du laboratoire et ne sera donc jamais commercialisée (le principe de précaution prévalant). Un cas similaire s'est produit avec un pois GM surexprimant un inhibiteur d'alpha-amylase. Lors des tests, l'obtenteur s'est rendu compte que cette protéine provoquait des lésions de type allergénique chez le rat. Le programme a donc été arrêté. Expérimentalement, une étude récente a prouvé l'absence d'allergénicité spécifique aux lignées de maïs et soja transgéniques testées. Les chercheurs portugais signataires de l'article préconisent cependant la mise en place en routine de tests d'allergénicité et de sensibilisation des aliments après leur mise sur le marché. Mais il n'existe pas encore de tests permettant de faire ce type d'évaluation. On a donc recours, actuellement, à la comparaison de la structure primaire de la nouvelle protéine à celles de toutes les protéines allergéniques actuellement connues et se trouvant dans les bases de données correspondantes. Ces risques propres à tout nouveau produit, et bien connus de l'industrie pharmaceutique, font l'objet de suivis plus ou moins stricts par les organismes officiels, les entreprises concernées, les utilisateurs et le milieu scientifique. A propos des risques alimentaires des OGM, un haut fonctionnaire de la Food and Drug Administration, Lester Crawford, a déclaré en 2003 « qu'il n'y a pas eu une seule réaction négative à la nourriture biotechnologique » et ajoutait « qu'entre-temps il y a eu des dizaines de milliers de réactions à l'alimentation traditionnelle ».
la
durée de vie (ou faculté germinative) du grain de pollen
qui est en général très courte (deux heures pour
le pollen de maïs), Deux cas semblent démontrer que des organismes OGM disséminés dans la Nature ne le sont pas forcément de manière irréversible (pour le colza et le mais) : le
cas de variétés locales de maïs de la province Oaxaca
au Mexique chez lesquelles une signature de maïs transgénique
a été retrouvée. Ces résultats avaient fait
alors une publication dans la revue Nature (affaire Quist et Chapela).
Mais, l'année dernière, et toujours dans la revue Nature
est paru un nouvel article qui relate une étude sur deux années
portant sur les maïs de la région incriminée et qui
a donc analysé 153000 grains de maïs. Les résultats
sont tous négatifs signifiant qu'il n'a pas été
possible de retrouver cette signature de maïs transgénique.
En effet, le risque de cette dissémination des gènes insérés dans les populations naturelles serait de provoquer un avantage évolutif quasi-instantané à une espèce par rapport à une autre espèce. Ces avantages "spontanés" pourraient conduire à la disparition d'espèces occupant les mêmes niches écologiques mais n'étant pas aussi bien "armées" contre leurs parasites. Cependant, il est possible d'anticiper cette possibilité en examinant les effets de l'insert. Par exemple, un insert conférant une résistance au glyphosate n'aurait aucun intérêt hors champs. Les risques environnementaux pourraient également être liés aux gènes de sélection. Ces derniers sont des gènes insérés en même temps que le gène d'intérêt, mais dont le rôle est de permettre la sélection des cellules modifiées. Les gènes de résistance à un antibiotique peuvent être utilisés dans ce but. Ils correspondent à des gènes conférant la résistance à un antibiotique donné et qui ne sont plus utilisé dans les secteurs de la santé humaine ou animale. Dautres risques sont aussi liés à la diffusion de ces gènes de résistance à d'autres espèces, et l'apparition de nouvelles résistances aux antibiotiques chez les bactéries pathogènes pour l'homme et l'animal (les bactéries colonisant l'homme et les animaux sont à 90% résistants à ces antibiotiques, d'où l'arrêt de leur utilisation en santé publique). L'enjeu de nombreuses études consiste à supprimer ce gène de sélection. Dans tous les cas, ces questions se posent pour toutes les PGM antérieures à 2005 puisqu'à partir du 1er janvier 2005, ces gènes marqueurs sont interdits pour toute nouvelle PGM.
En outre il ne faut pas perdre de vue, que les récoltes issues d'OGM protégés par un brevet sur la propriété intellectuelle, ne sont pas réutilisables pour réensemencer l'année suivante, contrairement à ce qui se pratique depuis que l'agriculture existe. Que deviendrait l'agriculture d'un pays, ayant investi dans la production d'OGM, dépendant donc des multinationales américaines, soumis à un embargo ? A l'évidence ce serait un énorme moyen de pression pour les États-Unis. Les grandes firmes de l'agrochimie, de la transformation, et de la distribution agricole (Monsanto, Bayer CropScience, Syngenta, DuPont), ont jusqu'ici un rôle croissant dans le contrôle et lorientation de l'évolution du secteur agro-alimentaire et de la pharmacie dans les pays où les OGM sont cultivés sur des surfaces importantes (États-Unis, Argentine, Brésil, Canada). Cela amène les chercheurs des pays en voie de développement, lors de certains sommets internationaux comme dans le cadre de lAGAO (forum de coopération économique et commercial entre les États-Unis et lAfrique sub-saharienne), à estimer que cela ne profitera pas à ceux qui en auraient le plus besoin (défaut de solvabilité des pays en voie de développement ou PeD). Les risques socio-économiques liés aux OGM sont dus aussi à la disparition de l'agriculture familiale, plus respectueuse des réseaux économiques locaux. On peut ajouter les risques économiques liés à une asymétrie possible du développement des OGM, au niveau tant de la recherche que de la production et de la commercialisation selon les zones géographiques. Les PGM sont actuellement cultivées par plus de 8.5 millions de paysans dans le monde, dont 90% dans des pays en développement. Ces pays, notamment le Brésil, l'Inde, la Thaïlande et la Chine, mettent en place des recherches visant à développer une industrie génétique indépendante. En fait, c'est l'Europe, jusqu'ici important continent agricole et pharmaceutique, qui semble de plus en plus à l'écart et qui risque ainsi de se trouver dominée sur ces terrains tant par les laboratoires et entreprises américaines que par la montée de ces pays émergents.
Les partisans comme les adversaires des OGM empruntent chacun des concepts philosophiques et religieux pour défendre leur point de vue, des opposants aux OGM critiquent leur application à la modification génétique des animaux et a fortiori de l'homme. Ils s'inquiètent d'une dérive de ce type de pratique vers le mythe de l« homme parfait » et d'eugénisme. Tandis que des partisans des OGM estiment qu'une conception de la nature fondée sur la notion de « pureté génétique » est suspecte. La plupart des créationnistes sont fortement opposés aux OGM, car Dieu ayant tout créé de façon parfaite, c'est, pour eux un sacrilège grave de tenter de modifier un génome. Il importe cependant de préciser que la communauté scientifique ne croit pas à la présence d'un risque d'ordre éthique. |
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