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Contamination de produits alimentaires par des OGMs interdits en Europe

Le ministère états-unien de l'agriculture (US Department for Agriculture, USDA) annonça en août 2006 que le riz génétiquement modifié LLRice601 avait contaminé le riz long grain produit sur leur territoire. Jamais autorisé ni à la consommation, ni à la culture en quelques endroits de la planète que ce soit, cet OGM, produit par Bayer Crop Science, n'a été planté que de façon expérimentale sur des parcelles aux Etats-Unis entre 1998 et 2001. Suite à cette annonce le Japon suspendit d'urgence ses importations de riz états-unien. En outre, une cargaison de 20 000 tonnes de riz long états-unien fut bloquée dans le port de Rotterdam afin de l'analyser. Une partie de ces 20 kilotonnes, effectivement infectée par l'OGM LLRice601, dut être renvoyée aux Etats-Unis pour y être détruite. A Bruxelles, les professionnels de l'agroalimentaire, réunis avec les experts en sécurité alimentaire de l'Union, indiquèrent avoir obtenu 33 tests positifs (de présence de LLRice601) sur un total de 162 échantillons. Selon Bruxelles, une partie du riz contaminé aurait pu être introduit en Europe avant le blocage de la cargaison à Rotterdam. Les industriels estimèrent en effet que la contamination pourrait remonter à janvier 2006.

En outre, Greenpeace a détecté en septembre 2006 la présence d'OGM dans des nouilles chinoises Rice sticks, à base de riz Chao Ching, commercialisées par le premier importateur et distributeur de produits asiatiques en France, la société Tang Frères. Ce riz a été modifié par l'introduction dans son ADN d'un gène de la bactérie Bacillus thuringiensis, qui le rend résistant aux insectes ravageurs. Mais il n'a jamais été testé pour ses impacts sur la santé. Selon l'association écologiste, la présence de ces OGM pourrait venir d'une contamination lors d'essais en champ de nouvelles variétés de riz transgénique. La Chine a répondu qu'elle n'avait autorisé aucune production commerciale de riz génétiquement modifié. La Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes a bloqué la commercia lisation de ces nouilles et enquête sur la présence d'OGM dans leur composition .

En France

... . Surfaces OGM
En 1998, les cultures commerciales de maïs transgéniques représentaient 1 500 ha. Le contexte défavorable aux OGM a conduit à une régression de ces surfaces au fil des années, jusqu'à une valeur de 17,5 ha en 2004.En 2005, les cultures commerciales de maïs officiellement déclarées au ministère de

 

l'agriculture représentent 492,8 ha. La presse estime la surface réelle au double, soit proche de 1 000 ha. Ce maïs transgénique est en majorité du MON 810, résistant à la pyrale du maïs, dont les semences sont achetées en Espagne. Les récoltes servent soit à la production de semences, soit à une filière spécifique destinée au marché espagnol, pour l'alimentation animale. En l'attente de la transcription dans le droit français de la directive 2001/18/CE, les cultures commerciales d'OGM ne sont pas soumises à des obligations de déclaration, ni de distance d'isolement réglementaire.Toutefois, les agriculteurs ont mis en place des mesures sur une base volontaire pour permettre la coexistence des modes de production. Il s'agit notamment d'une distance d'isolement de 25 m entre maïs OGM et conventionnel, ou d'une bande de 10 m de maïs conventionnel autour du maïs transgénique pour servir de piège à pollen. L'objectif de ces mesures est de respecter le taux de 0,9 % de présence fortuite d'OGM dans les aliments au-delà duquel l'étiquetage OGM est imposé par le règlement 1829/2003/CE.

 

.... . Réglementation OGM
La réglementation française rajoute une étape dans le processus de réglementation des OGM pour qu'il soit possible de commercialiser des semences transgéniques : l'inscription par voie d'arrêté des variétés transgéniques au Catalogue officiel des espèces et variétés. En conséquence, il est par exemple possible d'importer dans tous les pays de l'Union européenne, y compris en France, des récoltes de soja transgéniques contenant l'événement de transformation GTS 40-3-2 autorisé par la Commission européenne, et de les mettre dans les circuits alimentaires. Mais il n'est pas légal de commercialiser les semences correspondantes en France puisqu'il n'y a pas de soja OGM inscrit au catalogue des variétés.

En France, les autorisations de vente de semences de maïs transgéniques sont toujours valides, malgré les démarches en Conseil d'État d'associations opposées aux OGM. Les réactions négatives des consommateurs ont entraîné en fait l'arrêt volontaire de la commercialisation de ces semences par les sociétés semencières. Actuellement, les seules surfaces cultivées avec des variétés de maïs OGM inscrites au catalogue officiel, sont des parcelles de multiplication des semenciers ou d'expérimentation agronomique. Quant aux cultures commerciales, elles sont cultivées avec de la semence achetée en Espagne, ce qui est conforme à la réglementation communautaire.

Une norme a aussi été créée, il s'agit de la norme expérimentale française XP V 03-020-2, qui fournit un cadre général pour les méthodes qualitatives et quantitatives de détection d'ADN transgénique dans les produits alimentaires en utilisant la réaction de polymérisation en chaîne (PCR). Cette norme spécifie des exigences minimales et des critères de performance, et détaille le principe (amplification de la séquence cible par PCR et confirmation de l'identité des produits d’amplification), les réactifs, l’appareillage et les équipements, le mode opératoire, l’interprétation des résultats et le rapport d’essai.


.... . Présence fortuite d'OGM dans les semences
Les services de la Répression des fraudes ont mis en œuvre en 2003-2004, un plan de contrôle sur la présence fortuite d'OGM dans les semences produites ou importées en France.

La surveillance a porté sur 103 prélèvements de semences dans 25 départements et 39 entreprises. Les semences étaient d'origine française dans 82 prélèvements, et de différents pays pour 21 prélèvements (7 Hongrie, 7 Chili, 2 États-Unis, 1 Allemagne, 1 Autriche, 1 Canada, 1 Turquie, 1 Slovaquie). Les espèces concernées étaient le maïs (49 prélèvements), le soja (18), le colza d'hiver (33) et le colza de printemps (3).

L'analyse a révélé la présence de traces d'OGM à hauteur de 0,1 % dans 4 échantillons sur 103 :

1 cas de MON 810 : événement de transformation autorisé dans l'Union européenne,
1 cas de MON 810 et Bt 176 : événements de transformation autorisé dans l'Union européenne,
1 cas de T 25 : événement de transformation autorisé dans l'Union européenne,
1 cas de MON 810 et d'un événement de transformation non identifié.

 
   
   
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